Quels sont les symptômes d’un cancer de la peau ?

Les cancers de la peau se développent le plus souvent à la surface de la peau et peuvent donc être repérés à un stade précoce. Au début de leur évolution, ils sont généralement indolores et passent parfois inaperçus. C'est pourquoi il est important de surveiller régulièrement sa peau et de consulter un dermatologue en cas de lésion inhabituelle ou d'un grain de beauté qui apparaît ou évolue. Comment le repérer ?

01 août 2018 Dernière mise à jour : 30-07-2026

Pour sa rédaction, ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Caroline Robert, chef du département de dermatologie de Gustave Roussy (Villejuif) et du Pr Philippe Saiag, chef de service de dermatologie générale et oncologique de l’hôpital Ambroise Paré (Boulogne-Billancourt).

Dernière relecture : août 2018

À quoi ressemble un cancer de la peau ?

Les cancers de la peau peuvent prendre des aspects très différents selon leur type. Ils sont le plus souvent visibles à l’œil nu et évoluent progressivement. Une lésion qui apparaît, change d’aspect ou ne cicatrise pas doit attirer l’attention, même si elle est indolore.

Le carcinome basocellulaire

Le carcinome basocellulaire est la forme la plus fréquente de cancer de la peau. Il apparaît généralement sur les zones les plus exposées au soleil, comme le visage, le cuir chevelu, les oreilles ou le cou. Il peut aussi apparaître sur le tronc, les membres, les pieds et les organes génitaux.

Il peut se présenter sous la forme d’une petite boule ferme et rosée d’allure perlée. Avec le temps, la lésion peut s’ulcérer ou former une croûte, saigner de façon répétée, puis cicatriser partiellement avant de réapparaître.

Plus rarement observé, le carcinome sclérodermiforme prend l’aspect d’une plaque lisse et brillante, mal délimitée et déprimée en son centre.

Le carcinome épidermoïde

Autrefois appelé carcinome spinocellulaire, le carcinome épidermoïde se développe lui aussi  le plus souvent sur les zones de peau exposées au soleil régulièrement. Il peut prendre différents aspects :

  • Une plaque rouge, épaissie et squameuse ;
  • Une croûte persistante ;
  • Une plaie qui ne cicatrise pas malgré les soins habituels.

La lésion peut devenir douloureuse, saigner facilement ou augmenter progressivement de taille.

Le mélanome

Le mélanome peut se développer sur une peau jusque-là normale ou à partir d’un grain de beauté déjà présent. Il se manifeste le plus souvent par une tache brune ou noire dont l’aspect évolue au fil du temps : elle peut changer de taille, de forme, de couleur ou devenir irrégulière.

Un mélanome peut apparaître sur n’importe quelle partie du corps, y compris dans des zones moins visibles comme le cuir chevelu, les oreilles, la paume des mains, la plante des pieds ou sous les ongles d’où l’importance que cet examen soit fait régulièrement par un dermatologue.

Pour aider à repérer les grains de beauté ou les lésions suspectes, les dermatologues s’appuient sur la règle ABCDE, qui permet d’identifier les principales caractéristiques devant conduire à consulter.

Des grains de beauté à surveiller régulièrement

Pour bien surveiller l’évolution de ses grains de beauté et repérer les symptômes d’un cancer de la peau, la règle ABCDE peut aider :

  • Asymétrie : un grain de beauté normal est généralement symétrique. Un nævus asymétrique, dont une moitié ne ressemble pas à l’autre, doit attirer l’attention.
  • Bords irréguliers : les bords d’un grain de beauté suspect sont souvent mal délimités, dentelés ou flous, contrairement à un nævus normal aux contours nets.
  • Couleur non homogène : un grain de beauté sain présente généralement une seule teinte. Plusieurs couleurs au sein d’une même lésion (brun, noir, rouge, blanc) sont un signe d’alerte.
  • Diamètre : toute augmentation de diamètre supérieure à 5 mm doit être surveillée de près.
  • Évolution : tout changement de taille, de forme, de couleur ou de relief d’un grain de beauté au fil du temps est un signe à ne pas négliger.

Tous ces symptômes nécessitent un avis médical auprès d’un médecin ou d’un dermatologue.

À savoir : un autre très bon indicateur est le signe du « vilain petit canard », c’est-à-dire un grain de beauté différent des autres. Il faut savoir qu’on a tendance à avoir le même type de grain de beauté sur tout le corps. Prendre ses nævus en photo, ou les faire photographier dans les parties du corps qu’on ne voit pas, est recommandé afin de faciliter la surveillance évolutive.

Comment s’auto-examiner ?

L’assurance maladie recommande un auto-examen de la peau qui permet de repérer l’apparition d’une nouvelle lésion ou l’évolution d’un grain de beauté entre deux consultations médicales. Il ne remplace pas un examen réalisé par un dermatologue, mais aide à détecter plus rapidement une anomalie, particulièrement chez les personnes présentant des facteurs de risque.

Pour réaliser un auto-examen :

  1. Placez-vous dans une pièce bien éclairée, devant un miroir en pied ;
  2. Utilisez un miroir à main pour observer les zones difficiles d’accès, comme le dos ou l’arrière des jambes ;
  3. Si besoin, demandez à un proche de vérifier le cuir chevelu et les autres zones peu visibles.

Veillez à examiner l’ensemble de votre peau, sans oublier les zones souvent négligées :

  • le cuir chevelu ;
  • les oreilles ;
  • le dos ;
  • les paumes des mains ;
  • la plante des pieds ;
  • les espaces entre les orteils ;
  • le dessous des ongles.

Soyez attentif à toute nouvelle lésion ou à un grain de beauté qui change d’aspect (taille, forme, couleur, relief), saigne, démange ou ne cicatrise pas.

En présence de facteurs de risque (antécédents personnels ou familiaux de cancer de la peau, peau claire, exposition importante aux rayonnements ultraviolets…), un auto-examen tous les trois mois peut être recommandé pour les personnes concernées. En cas de doute, il est important de consulter un médecin ou un dermatologue sans attendre.

Quand consulter un dermatologue ?

La plupart des grains de beauté et des lésions cutanées sont bénins. Ces symptômes ne sont pas toujours faciles à interpréter soi-même. Toutefois, certains changements de la peau peuvent nécessiter un avis médical, notamment :

  • un nouveau grain de beauté, notamment après l’âge de 40 ans ;
  • un grain de beauté qui change de taille, de forme, de couleur ou d’épaisseur ;
  • une lésion asymétrique, aux bords irréguliers ou présentant plusieurs couleurs ;
  • une lésion qui saigne, démange, forme une croûte ou ne cicatrise pas ;
  • un grain de beauté ou une lésion qui paraît différent des autres (signe du « vilain petit canard ») ;
  • toute nouvelle tâche pigmentée ou lésion cutanée qui évolue rapidement.

Ces signes ne sont pas systématiquement liés à un cancer de la peau : la plupart des personnes concernées ont des lésions bénignes. Seul un examen clinique réalisé par un dermatologue permet d’établir un diagnostic et, si nécessaire, de proposer des examens complémentaires. Plus un cancer de la peau est détecté tôt, plus sa prise en charge est efficace.

Comment diagnostique-t-on un cancer de la peau ?

Lors de la consultation, le dermatologue examine d’abord la lésion à l’œil nu, puis à l’aide d’un dermatoscope, un instrument grossissant qui permet d’observer la structure de la peau en surface. Cet examen clinique oriente sa décision : si l’aspect est rassurant, une simple surveillance peut suffire. En cas de doute, le diagnostic de certitude repose essentiellement sur l’analyse anatomopathologique (microscopique) de la lésion, réalisée par un médecin spécialiste, quel que soit le type de cancer cutané suspecté.

Une tumeur cutanée n’entraîne pas de symptôme clinique particulier. C’est l’aspect et surtout la biopsie de la lésion qui permettent de confirmer ou non le diagnostic de cancer, quel que soit le niveau de gravité présenté.

La biopsie : l’examen clé du diagnostic

Il est en général difficile de poser un diagnostic formel de cancer à partir du seul aspect clinique d’une lésion cutanée ou d’un grain de beauté :

  • certaines lésions bénignes, des maladies de peau ou des anomalies précancéreuses peuvent prendre une forme voisine de celle d’un carcinome ;
  • à l’inverse, certains carcinomes peuvent avoir un aspect très différent des formes typiques et fréquentes ;
  • enfin, les mélanomes à un stade précoce peuvent être très difficiles à distinguer d’un nævus atypique.

Dans les cas de cancers probables, c’est-à-dire quand la lésion a un aspect typique d’un cancer, elle est souvent retirée d’emblée par chirurgie puis analysée. Dans les autres cas, et surtout si la lésion est étendue en surface, ou avant un traitement par radiothérapie ou cryochirurgie, le diagnostic n’est posé qu’après avoir réalisé une biopsie : il s’agit de prélever un petit échantillon de la lésion sous anesthésie locale, puis d’en faire une analyse anatomopathologique, c’est-à-dire un examen microscopique. L’observation de la nature et de l’organisation des cellules de l’échantillon confirme ou non la nature maligne de la lésion et permet donc de poser ou non le diagnostic de cancer.

Grâce à cette analyse, le sous-type du carcinome ou du mélanome peut être précisé pour les patients concernés. Cette information apporte des indices en termes de gravité de la tumeur et de risque de progression, et permet d’orienter le choix du traitement.

L’évaluation de la gravité du cancer

La gravité d’une tumeur dépend d’un certain nombre de caractéristiques. Dans le cas des cancers cutanés, il s’agit principalement de leur extension locale, locorégionale ou métastatique, ainsi que de leur risque de récidive.

Pour les carcinomes basocellulaires

  • risque de récidive bas : souvent situés au niveau du tronc ou des membres, taille inférieure à 1 cm, bon pronostic ;
  • risque de récidive élevé : grande taille, situés sur le visage ou autour des orifices naturels, forme histologiquement infiltrante ou sclérodermiforme, ou déjà récidivés.

Le risque de métastase restant exceptionnel, la recherche d’une atteinte locorégionale (ganglions lymphatiques) ou à distance (métastases) n’est donc pas systématique.

Pour les carcinomes épidermoïdes

Les carcinomes épidermoïdes de grande taille (supérieure à 2 cm), situés sur le visage, la paume ou les muqueuses, sont de moins bon pronostic que ceux d’autres localisations. Certaines formes histologiques semblent également plus à risque de récidive. L’extension étant possible aux ganglions lymphatiques voisins ou à des organes à distance, un bilan doit permettre d’apprécier le degré d’évolution de la maladie : plus le carcinome est avancé, plus le risque est important pour les patients concernés.

Pour les mélanomes

En l’absence de traitement, les mélanomes évoluent en touchant progressivement les couches plus profondes de l’épiderme puis du derme. L’indice de Breslow, qui correspond à l’épaisseur de la tumeur en millimètre mesurée sur la biopsie, indique cette extension. Par la suite, les mélanomes peuvent s’étendre aux ganglions lymphatiques voisins, ainsi qu’aux organes à distance (métastases) : la gravité des mélanomes est étroitement corrélée à ce degré d’évolution.

Les principaux facteurs pronostiques du mélanome

  • L’épaisseur de la tumeur : plus la tumeur est fine et plus le pronostic est bon.
  • L’ulcération de la tumeur : une tumeur ulcérée est de moins bon pronostic qu’une lésion qui ne l’est pas.
  • L’envahissement du ganglion sentinelle : les ganglions lymphatiques sont des organes impliqués dans la défense immunitaire de l’organisme. Ils font partie du système lymphatique qui draine tout le corps. Le ganglion sentinelle est le premier de la chaîne ganglionnaire qui draine la région du mélanome. Si l’analyse du ganglion sentinelle montre la présence de cellules cancéreuses, cela indique un début d’expansion de la tumeur au reste de l’organisme.

C’est en fonction de ces critères pronostiques, propres à chaque patient, que le bilan initial, la surveillance et le traitement seront établis.

Questions fréquentes sur le cancer de la peau

Comment reconnaître un mélanome ?

Le mélanome peut apparaître sur une peau saine ou à partir d’un grain de beauté déjà présent. Pour repérer une lésion suspecte, les dermatologues utilisent la règle ABCDE : Asymétrie, Bords irréguliers, Couleur non homogène, Diamètre supérieur au seuil de surveillance retenu et Évolution dans le temps. Seule une consultation auprès d’un dermatologue permet de vérifier la nature cancéreuse ou non d’une lésion potentielle.

Comment distinguer un grain de beauté normal d’un grain de beauté suspect ?

Un grain de beauté est généralement rond ou ovale, de couleur homogène et stable au fil du temps. À l’inverse, un grain de beauté qui est différent des autres et change de taille, de forme, de couleur ou devient asymétrique peut nécessiter un avis médical. En cas de doute, une consultation est essentielle.

Quand consulter un dermatologue ?

Il est recommandé de consulter si vous remarquez un nouveau grain de beauté, une lésion qui évolue, saigne, démange ou ne cicatrise pas. En cas de doute, mieux vaut demander l’avis d’un dermatologue : la plupart des lésions cutanées sont bénignes, mais seul un examen clinique permet de confirmer leur nature.

À quoi ressemble un carcinome basocellulaire ?

Le carcinome basocellulaire apparaît souvent sous la forme d’une petite boule nacrée ou brillante, parfois parcourue de fins vaisseaux sanguins visibles. Avec le temps, la lésion peut former une croûte, s’ulcérer ou saigner de manière répétée.

À quoi ressemble un carcinome épidermoïde ?

Le carcinome épidermoïde (ou carcinome spinocellulaire),  peut se présenter comme une plaque rouge et squameuse, une croûte persistante ou une plaie qui ne cicatrise pas. Toute lésion qui persiste ou évolue doit être examinée par un dermatologue.

Un cancer de la peau fait-il mal ou démange-t-il ?

Parmi les symptômes du cancer de la peau, la douleur n’est pas systématique. Au début de son évolution, un cancer de la peau est souvent indolore. Certaines lésions peuvent toutefois provoquer des démangeaisons, devenir sensibles, saigner ou former une croûte qui ne disparaît pas.

Le mélanome peut-il apparaître ailleurs que sur un grain de beauté ?

Oui, un mélanome peut se développer sur une peau jusque-là normale ou à partir d’un grain de beauté existant. Il peut apparaître sur toutes les parties du corps, y compris le cuir chevelu, les oreilles, les paumes des mains, la plante des pieds ou sous les ongles. Cela confirme l’importance de l’examen pratiqué par un dermatologue.

Quels sont les symptômes d’un mélanome ?

Le principal signe d’un mélanome est l’apparition d’une nouvelle tâche pigmentée ou la modification d’un grain de beauté existant. Les changements de taille, de forme, de couleur ou de relief, ainsi qu’un saignement ou des démangeaisons, doivent conduire à consulter rapidement un dermatologue.

Quels sont les différents stades du mélanome ?

Le stade d’un mélanome dépend notamment de son épaisseur, de son extension et de la présence éventuelle de cellules cancéreuses dans les ganglions ou d’autres organes. Pour en savoir plus sur les chances de survie selon le stade, consultez notre page dédiée au cancer de la peau.

Quelles sont les chances de survie en cas de mélanome ?

Les chances de survie dépendent principalement du stade auquel le mélanome est diagnostiqué : une détection précoce permet généralement une prise en charge plus efficace. La survie nette standardisée à 5 ans pour le mélanome cutané est de 94% pour les femmes et 91% pour les hommes (source : Institut national du cancer). Retrouvez les chiffres de survie détaillés sur notre page dédiée au cancer de la peau.

A lire aussi sur les cancers de la peau

Comment protéger sa peau du soleil et des UV ?
En savoir plus sur Comment protéger sa peau du soleil et des UV ?
Comment dépister un cancer de la peau ?

Les modalités du dépistage individuel consistent en la consultation d’un dermatologue, dès l’apparition d’une lésion suspecte. Les personnes à risque...

En savoir plus sur Comment dépister un cancer de la peau ?
Qu'est-ce qu'un cancer de la peau ?

Il n’existe pas un mais des cancers de la peau (on parle aussi de cancers cutanés) : les mélanomes, les...

En savoir plus sur Qu'est-ce qu'un cancer de la peau ?
Quelle est l’action de la Fondation ARC dans la recherche sur le cancer de la peau ?

La Fondation ARC soutient des projets de recherche portant sur les mécanismes biologiques impliqués dans l’apparition des différents types de...

En savoir plus sur Quelle est l’action de la Fondation ARC dans la recherche sur le cancer de la peau ?
Quelles sont les causes connues du cancer de la peau ?

Certaines caractéristiques individuelles augmentent le risque de survenue de cancers cutanés. Toutefois, la plupart d’entre eux sont évitables ; deux...

En savoir plus sur Quelles sont les causes connues du cancer de la peau ?
Quels sont les enjeux de la recherche sur le cancer de la peau ?

Les patients atteints de cancers de la peau ont été les premiers à bénéficier des progrès considérables liés à l'arrivée...

En savoir plus sur Quels sont les enjeux de la recherche sur le cancer de la peau ?
Quels sont les traitements du cancer de la peau ?

Le traitement des cancers cutanés est essentiellement chirurgical pour les stades précoces. Pour les mélanomes les plus évolués, le développement...

En savoir plus sur Quels sont les traitements du cancer de la peau ?
Vivre avec et après un cancer de la peau

L’annonce d’un cancer constitue un traumatisme pour le patient et ses proches. En parler peut aider à accepter la maladie....

En savoir plus sur Vivre avec et après un cancer de la peau