Tout comprendre sur le cancer de l'estomac

Tout savoir sur les cancers de l'estomac : la Fondation ARC vous informe sur la maladie et les avancées de la recherche.

Quand les dons progressent, les cancers reculent
Je donne

Pourquoi donner ?

01 avril 2024 Dernière mise à jour : 24-04-2026

Ce qu’il faut retenir sur le cancer de l’estomac

Le cancer de l’estomac, ou cancer gastrique, touche environ 6 500 personnes chaque année en France. Il se développe lentement, souvent sans symptôme au début, ce qui retarde son diagnostic. Voici les repères à connaître :

  • Dans 9 cas sur 10, il s’agit d’un adénocarcinome.
  • La maladie est plus fréquente après 65 ans et concerne deux fois plus d’hommes que de femmes.
  • La principale cause identifiée est l’infection chronique par la bactérie Helicobacter pylori.
  • Les signes d’alerte sont des troubles digestifs persistants, une perte d’appétit ou de poids, du sang dans les selles ou les vomissements.
  • La gastroscopie (endoscopie digestive haute) est l’examen clé du diagnostic ; la chirurgie reste le traitement de référence des formes localisées.

Quand il est détecté tôt, le cancer de l’estomac se traite efficacement. La recherche fait émerger de nouvelles options thérapeutiques — immunothérapie, thérapies ciblées — notamment pour améliorer la prise en charge des formes avancées.

Que sont les cancers de l'estomac ?

Le cancer de l’estomac — ou cancer gastrique — se développe lentement et est rarement diagnostiqué avant l’âge de 50 ans. Dans neuf cas sur dix, il s’agit d’un adénocarcinome : une tumeur qui naît à partir des cellules glandulaires de la muqueuse, la couche interne de la paroi de l’estomac.

Plus rarement, un cancer situé au niveau de l’estomac peut correspondre à une tumeur stromale gastro-intestinale (GIST), à un lymphome du MALT (souvent associé à une infection par Helicobacter pylori) ou à une tumeur endocrine gastrique. Ces formes sont prises en charge différemment des adénocarcinomes. On distingue également les cancers selon leur localisation dans l’estomac, et notamment les cancers du cardia (partie haute, près de l’œsophage), dont les facteurs de risque et les traitements peuvent différer.

Schéma de l'estomac montrant les trois zones où un cancer peut se développer : cardia, corps et antre/pylore

Le cancer de l'estomac en 5 chiffres

  • 10
    projets de recherche innovants financés de 2020 à 2024 (Source : Fondation ARC)
    Screenshot
  • 1,9 M€
    investis dans la recherche par la Fondation ARC (Source : Fondation ARC)de 2020 à 2024
    Screenshot
  • 6 515
    nouveaux cas diagnostiqués en 2023 (Source : Santé Publique France)
    Screenshot
  • 3 %
    des cancers en France (Source : INCa)
    Screenshot
  • 65 %
    des cancers de l'estomac touchent des hommes (Source : Santé Publique France)
    Image Decorative 5
Le don libère notre action
Je donne

Pourquoi donner ?

Quelles sont les causes connues du cancer de l'estomac ?

La recherche a permis d’identifier plusieurs facteurs qui augmentent le risque de développer un cancer de l’estomac :

  • L’infection chronique par Helicobacter pylori, une bactérie qui colonise la muqueuse gastrique et provoque une inflammation au long cours. Elle est tenue pour responsable de plus de 80 % des cancers de l’estomac hors cardia.
  • L’avancée en âge, la plupart des cas survenant après 60 ans.
  • Une alimentation riche en sel et en aliments fumés ou en salaison, et pauvre en fruits et légumes frais.
  • Le tabagisme et la consommation d’alcool, notamment au-delà de 3 verres par jour.

D’autres facteurs augmentent le risque de façon plus spécifique : certaines maladies gastriques préexistantes (gastrite atrophique, maladie de Biermer, maladie de Ménétrier), l’obésité — particulièrement pour les cancers du cardia — et une prédisposition familiale dans 10 à 15 % des cas. Un antécédent familial de cancer de l’estomac chez un parent du premier degré multiplie le risque par deux à trois, ce qui peut justifier une consultation d’oncogénétique.

Quels sont les symptômes d'un cancer de l'estomac ?

Les cancers de l’estomac sont des tumeurs qui entraînent peu de symptômes, voire aucun, aux premiers stades de la maladie. Lorsqu’ils apparaissent, les signes sont souvent peu spécifiques et peuvent faire penser à un simple trouble digestif. Les principaux à connaître sont :

  • des douleurs dans la partie haute de l’abdomen, ressemblant à un ulcère ou un reflux,
  • une digestion difficile, des ballonnements ou des brûlures d’estomac qui ne cèdent pas aux traitements habituels,
  • une sensation de satiété précoce, avec l’impression d’avoir l’estomac plein après une petite quantité de nourriture,
  • une perte d’appétit, parfois un dégoût spécifique pour la viande,
  • à un stade plus avancé, des difficultés à avaler, des vomissements, du sang dans les selles ou les vomissements, une fatigue marquée et un amaigrissement inexpliqué.

La règle simple : des troubles digestifs qui persistent au-delà de deux à trois semaines, surtout s’ils s’accompagnent d’une perte de poids, méritent un avis médical. Pour aller plus loin, nous détaillons les symptômes selon le stade et la localisation dans notre page dédiée.

Comment diagnostique-t-on un cancer de l'estomac ?

Le diagnostic repose avant tout sur la gastroscopie — ou endoscopie digestive haute. Un endoscope, tube souple muni d’une caméra, est introduit par la bouche pour inspecter l’œsophage, l’estomac et le duodénum. L’examen permet de visualiser la lésion, de la localiser précisément et de réaliser des biopsies, qui seules permettent de confirmer la nature cancéreuse d’une zone suspecte.

Une fois le diagnostic posé, un bilan d’extension est mis en place pour évaluer si le cancer s’est propagé à d’autres organes. Il repose sur un scanner thoraco-abdomino-pelvien, parfois complété par une écho-endoscopie, un PET-scan ou une cœlioscopie exploratrice. Les biopsies servent aussi à rechercher des marqueurs moléculaires (HER2, MSI, PD-L1) qui orientent le choix des traitements. Cette étape est essentielle pour déterminer le stade selon la classification TNM et construire une stratégie thérapeutique adaptée.

Quels sont les traitements du cancer de l'estomac ?

Le traitement d’un cancer de l’estomac s’appuie sur plusieurs leviers, choisis lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) en fonction du stade de la maladie, du type de tumeur et de l’état général du patient. La chirurgie reste le traitement de référence des formes localisées : elle consiste à retirer une partie (gastrectomie partielle) ou la totalité de l’estomac (gastrectomie totale). La chimiothérapie encadre le plus souvent cette chirurgie, avant pour réduire la tumeur et après pour limiter le risque de récidive.

Deux familles de traitements ont transformé la prise en charge des formes avancées ces dernières années. L’immunothérapie est devenue un standard en situation métastatique et gagne du terrain en situation adjuvante, particulièrement pour les tumeurs avec instabilité microsatellitaire (MSI) ou forte expression de PD-L1. Les thérapies ciblées, comme les anti-HER2 (pour les 15 à 20 % de tumeurs qui surexpriment cette protéine) ou les anti-claudines 18.2, complètent l’arsenal. La radiothérapie intervient de façon plus ponctuelle, associée à la chimiothérapie, lorsque le risque local de récidive le justifie.

Vivre avec et après un cancer de l'estomac

Dès l’annonce de la maladie, le patient atteint d’un cancer gastrique peut bénéficier de soins de support qui lui permettront de mieux accepter la maladie et supporter les traitements. Ils facilitent les changements de mode de vie nécessaires, particulièrement sur le plan nutritionnel : après une gastrectomie, la capacité digestive est modifiée, les repas deviennent plus petits et plus fréquents, et une supplémentation à vie en vitamine B12 est systématiquement mise en place après une gastrectomie totale pour prévenir l’anémie. Une surveillance régulière du cancer traité est ensuite mise en place pour détecter précocement une éventuelle récidive.

Le point sur les avancées de la recherche sur les cancers de l’estomac

Photo Julien Taieb
Pr Julien Taieb, Gastro-entérologue et oncologue digestif à l’Hôpital européen Georges Pompidou (Paris)

« La recherche sur les cancers de l’estomac est très active. Elle s’applique, d’une part, à améliorer les traitements existants et, d’autre part, à trouver de nouvelles options pour les patients en échec thérapeutique. Ainsi à côté des traitements traditionnels du cancer – chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie -, on retrouve dans la recherche sur les cancers de l’estomac tout le panel des thérapies nouvelles, en particulier l’immunothérapie qui est devenue un standard thérapeutique en situation métastatique mais aussi en situation adjuvante. Mais les thérapies ciblées ne sont pas en reste car en plus des anti-HER2 et des anti-angiogéniques, déjà utilisés dans cette maladie, c’est les anti-claudines 18.2 qui ont récemment trouvé leur place dans l’arsenal thérapeutique contre ce cancer. Enfin, les anticorps conjuqués et bispécifiques ont donné des résultats prometteurs et sont testés maintenant dans de grandes études de phase III. » 

Quelle est l'action de la Fondation ARC dans la recherche sur le cancer de l'estomac ?

Les projets de recherche sur les cancers gastriques soutenus par la Fondation ARC ont pour objectif de mieux comprendre les mécanismes biologiques de ces maladies, de faciliter leur diagnostic et leur pronostic, mais aussi de proposer aux patients des stratégies thérapeutiques innovantes, plus efficaces et mieux tolérées. Entre 2020 et 2024, ce sont 10 projets qui ont ainsi été financés, pour un montant total de 1,9 M€.

Brochure : Les cancers de l'estomac
Brochure
Comprendre et agir
Brochure Cancer Estomac Si 1
Télécharger Brochure : Les cancers de l'estomac (pdf - 1.8 Mo)

Références

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Julien Taieb et du Pr Aziz Zaanan, gastro-entérologues et oncologues digestifs à l’Hôpital européen Georges Pompidou (Paris).

Sources :

(1) Santé Publique France. Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine — Estomac. Consulté sur www.santepubliquefrance.fr

(2) Centre Léon Bérard. Cancer de l’estomac — Cancer gastrique. Consulté sur www.centreleonberard.fr

(3) Haute Autorité de Santé (HAS). Guide ALD — Cancer de l’estomac. Consulté sur www.has-sante.fr

(4) Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE). Cancer gastrique. Consulté sur www.snfge.org

(5) Institut national du cancer (INCa). Cancer de l’estomac — Données épidémiologiques. Consulté sur www.cancer.fr

Questions fréquentes

  1. Quelle est l’espérance de vie après un cancer de l’estomac ?

La survie dépend avant tout du stade de la maladie au moment du diagnostic. En moyenne, la survie nette à 5 ans est d’environ 25 % tous stades confondus. Lorsque le cancer est détecté à un stade localisé, elle dépasse 65 %. En cas de métastases, elle tombe autour de 5 %. C’est pour cette raison que la reconnaissance précoce des symptômes et une consultation rapide sont essentielles.

  1. Le cancer de l’estomac est-il héréditaire ?

Dans la grande majorité des cas, non. Dans environ 10 à 15 % des cas de cancers gastriques une prédisposition familiale serait impliquée. Dans les familles les plus touchées, des anomalies génétiques sont retrouvées dans 1 à 3 % des cas, le plus souvent liée à une mutation du gène CDH1 (cancer gastrique diffus héréditaire) ou à un syndrome de Lynch. 

Un antécédent familial de cancer de l’estomac chez un parent du premier degré multiplie néanmoins le risque par deux à trois. Une consultation d’oncogénétique peut être proposée en cas de cancer survenant avant 40 ans ou d’antécédents familiaux marqués.

  1. Comment réduire le risque de cancer de l’estomac ?

Trois leviers sont bien établis : ne pas fumer, limiter la consommation d’alcool, de sel et d’aliments très salés ou fumés, et faire rechercher (et traiter) une éventuelle infection à Helicobacter pylori, surtout en cas d’antécédents familiaux. Une alimentation riche en fruits et légumes frais exerce par ailleurs un effet protecteur reconnu.

  1. Peut-on dépister le cancer de l’estomac ?

Il n’existe pas de dépistage organisé en population générale en France, contrairement au cancer colorectal ou au cancer du sein. Une surveillance ciblée est en revanche recommandée en cas de prédisposition familiale, de mutation identifiée, ou de maladies prédisposantes comme la maladie de Biermer. Elle repose principalement sur la gastroscopie aussi appelée endoscopie digestive haute.

  1. Que se passe-t-il après une ablation de l’estomac ?

Après une gastrectomie totale, la digestion est modifiée : les repas deviennent plus petits et plus fréquents, et une supplémentation en vitamine B12 est systématiquement mise en place à vie pour prévenir l’anémie. Un suivi diététique accompagne le retour à une alimentation équilibrée. La plupart des patients retrouvent une vie active dans les mois qui suivent l’intervention.