Tout comprendre sur le cancer du pancréas

Le cancer du pancréas évolue le plus souvent de manière silencieuse dans ses premiers stades.

Dans 80 % à 90 % des cas, la maladie est diagnostiquée à un stade avancé ou métastatique, ce qui la rend particulièrement difficile à soigner. Le diagnostic précoce et le développement de nouveaux traitements constituent aujourd’hui des enjeux prioritaires de la recherche.

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01 janvier 2025 Dernière mise à jour : 16-06-2026

À retenir sur le cancer du pancréas

  • Le cancer du pancréas touche près de 16 000 personnes par an (chiffres Santé publique France 2023) — un peu plus chez les hommes que chez les femmes — causant plus de et plus de 12 900 décès (chiffres 2022). Son incidence est en hausse constante, en particulier chez les femmes (+ 3,2 % par an an entre 2010 et 2018 vs 2,3 % chez les hommes), ce qui en fait un enjeu de santé publique croissant.
  • Peu de facteurs de risque ont été encore identifiés : le tabagisme (responsable de 20 à 30 % des cas), le diabète, l’obésité et les antécédents familiaux sont en revanche connus pour favoriser son développement.
  • Les symptômesictère (jaunisse) d’apparition rapide, douleurs abdominales irradiant dans le dos et perte de poids inexpliquée associée à une fatigue persistante — apparaissent tardivement : le diagnostic est posé à un stade avancé dans plus de 80 % des cas ce qui empêche alors l’accès à la chirurgie, seul traitement potentiellement curatif. L’apparition ou l’aggravation soudaine d’un diabète peut également alerter.
  • Seuls 10 à 20 % des patients sont éligibles à une chirurgie curative (duodénopancréatectomie céphalique ou spéno-pancréatectomie). Pour la majorité des patients, la chimiothérapie constitue le traitement de référence, parfois associée à la radiothérapie. L’immunothérapie et les thérapies ciblées font l’objet d’essais cliniques actifs. (Institut national du cancer)
  • Les soins de support sont essentiels dès le diagnostic: prise en charge nutritionnelle intensive (dénutrition chez 2 patients sur 3), gestion de la douleur, soutien psychologique, activité physique adaptée et soutien social. Arrêt du tabac et de l’alcool font également partie intégrante du parcours de soins.

Qu’est-ce qu’un cancer du pancréas ?

Situé derrière l’estomac, le pancréas est une glande de forme allongée composée de trois parties : tête, corps et queue. Il remplit une double fonction : la digestion, grâce à la sécrétion de sucs pancréatiques par les cellules exocrines, et la régulation du taux de sucre dans le sang, grâce à la production d’hormones telles que l’insuline par les cellules endocrines.

Les tumeurs pancréatiques se développent sous deux formes principales :

  • Dans 90 % des cas, sous la forme d’un adénocarcinome canalaire pancréatique (ACP), qui touche les cellules exocrines. On parle de « cancer du pancréas exocrine » (1) ;
  • Dans près de 10 % des cas, sous la forme de tumeurs rares, dont les tumeurs neuroendocrines (TNE), qui représentent 2 à 3 % des cas ou encore les carcinomes à cellules acineuses, les pancréatoblastomes…

Par ailleurs, le développement de tumeurs bénignes sous forme de kystes est fréquent et nécessite une surveillance médicale régulière, leur évolution pouvant devenir maligne.

Schéma du pancréas montrant les trois zones où un cancer peut se développer : tête, corps, queue

Les cancers du pancréas en 5 chiffres

  • 69
    projets de recherche innovants financés de 2020 à 2024
    Cellules Pages Fondation Arc
  • 19 M€
    investis dans la recherche par la Fondation ARC
    Arc2
  • 15 991
    nouveaux cas diagnostiqués en 2023 (Source INCa)
  • + 2 %
    de nouveaux cas par an
  • 10 à 20 %
    des patients peuvent être traités par chirurgie
    Arc5
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Quelles sont les causes connues ?

Peu de facteurs de risque du cancer du pancréas ont été clairement identifiés. Le tabagisme est l’un des principaux facteurs de risque lié au mode de vie du cancer du pancréas et serait à l’origine de 20 à 30 % des cancers du pancréas diagnostiqués au niveau mondial.

D’autres facteurs de risque sont également identifiés :

  • le diabète de type 1 et 2 ;
  • l’obésité et le surpoids ;
  • la pancréatite chronique ;
  • les antécédents familiaux (mutations BRCA1/2, syndrome de Lynch, syndrome de Peutz-Jeghers…) ;
  • l’avancée en âge : le diagnostic est posé en moyenne à 71 ans chez l’homme et 74 ans chez la femme.

Quels sont les symptômes du cancer du pancréas ?

Aux premiers stades, le cancer du pancréas se développe silencieusement, le plus souvent sans symptômes. Lorsque des signes apparaissent, la majorité des patients présente déjà une tumeur avancée, voire métastatique.

Certains symptômes du cancer du pancréas sont caractéristiques de la localisation de la tumeur :

  • l’ictère (jaunissement des yeux et de la peau), les vomissements, les selles décolorées et les démangeaisons de la peau sont des signes évocateurs d’une tumeur de la tête du pancréas, qui comprime le duodénum ou le cholédoque ;
  • des douleurs intenses du ventre irradiant vers le dos sont plus caractéristiques d’une tumeur localisée dans le corps ou la queue de l’organe.

D’autres symptômes généraux sont présents dans près de 80 % des cas. Peu spécifiques, ils sont souvent attribués à d’autres maladies :

  • un amaigrissement rapide et important ;
  • une perte d’appétit ;
  • l’apparition soudaine d’un diabète ou son aggravation ;
  • une phlébite ;
  • une fatigue intense.

De par sa proximité anatomique avec l’estomac, certains signes digestifs, comme la perte d’appétit, des douleurs abdominales ou un amaigrissement, peuvent être communs aux deux maladies. En savoir plus sur le cancer de l’estomac.

Comment diagnostique-t-on un cancer du pancréas ?

En cas de suspicion de la maladie, le médecin prescrit un bilan diagnostique à l’issue d’un examen clinique.

Le scanner (ou tomodensitométrie) de l’abdomen et du thorax est l’examen d’imagerie clé du diagnostic du cancer du pancréas. Il permet de localiser la tumeur avec précision, d’en évaluer la taille et l’extension.

Une écho-endoscopie, examen associant endoscopie et échographie, est ensuite systématiquement réalisée pour prélever un échantillon de la tumeur (biopsie). L’analyse anatomopathologique qui en découle permet de confirmer le diagnostic mais aussi d’établir le profil moléculaire de la tumeur et d’orienter vers le traitement le plus adapté.

Une analyse biologique complète le bilan afin de mieux évaluer l’état général du patient.

Enfin, dans le cadre du bilan d’extension, une IRM est indiquée en cas de suspicion de tumeur de petite taille difficilement localisable, ou pour rechercher des métastases hépatiques, biliaires, ganglionnaires, pulmonaires ou osseuses.

Tête à tête avec le Dr Cindy Neuzillet, chercheuse et médecin, spécialiste des cancers du pancréas

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Quels sont les traitements du cancer du pancréas ?

Pour choisir un protocole de soins adapté, les médecins se réunissent en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Plusieurs traitements sont envisageables selon l’état de santé du patient, son âge, la forme et le stade de la tumeur pancréatique.

Tumeurs pancréatiques localisées

La chirurgie est le traitement de référence, mais elle ne concerne que 10 % à 20 % des patients présentant un cancer du pancréas exocrine, dont la tumeur est résécable. C’est le seul traitement potentiellement curatif aujourd’hui. Selon la localisation, deux interventions sont possibles :

  • la duodéno-pancréatectomie céphalique (DPC) pour les tumeurs de la tête du pancréas. Cette chirurgie majeure, dite chirurgie de Whipple, consiste à retirer la tumeur, la tête du pancréas une partie du cholédoque et le duodénum, avant de recoudre ces organes à l’intestin grêle pour rétablir le système digestif ;
  • la splénopancréatectomie gauche (SPG) pour les tumeurs du corps ou de la queue de la glande.

Une chimiothérapie est systématiquement associée après le retrait de la tumeur afin d’éliminer les cellules cancéreuses qui auraient pu localement échapper à l’opération ou se disséminer dans l’organisme

Tumeurs pancréatiques avancées ou invasives

Lorsque la tumeur n’est pas opérable ou en présence de métastases, la chimiothérapie (éventuellement associée à une radiothérapie) vise à contrôler l’évolution de la maladie et à préserver autant que possible la qualité de vie du patient.

Dans certains cas de tumeurs non résécables ou borderline (à la limite des vaisseaux), cette association peut permettre de réduire suffisamment la taille de la tumeur pour la rendre opérable.

Enfin, 15 % des adénocarcinomes pancréatiques sont liés à une anomalie génétique de type BRCA. Pour ces patients, des thérapies ciblées anti-PARP et des traitements d’immunothérapie font l’objet d’essais cliniques après la chimiothérapie (4).

Vivre avec et après le cancer du pancréas

Dès l’annonce du diagnostic, un bilan nutritionnel est réalisé pour évaluer l’état général du patient.

Tout au long de la maladie et après les traitements (et notamment après la chirurgie), des soins de support peuvent être proposés : prise en charge diététique et nutritionnelle, soutien psychologique par un thérapeute spécialisé, prise en charge de la douleur. Ces accompagnements contribuent à améliorer la qualité de vie du patient.

Le point sur les avancées de la recherche sur le cancer du pancréas

Vinciane Rebours
Pr Vinciane Rebours, cheffe du service de pancréatologie et oncologie digestive, hôpital Beaujon, AP-HP, université Paris-Cité - INSERM UMR1149

«Face aux patients atteints d’un cancer du pancréas, les médecins sont confrontés à un double écueil: une maladie dont le stade est le plus souvent avancé au moment du diagnostic ce qui empêche le traitement chirurgical, et un manque d’options thérapeutiques face à un cancer résistant aux traitements par chimiothérapie.  

La recherche sur les cancers du pancréas travaille donc en priorité à la fois au développement d’outils diagnostiques plus précis, pour repérer la maladie à un stade précoce, et à la mise au point de nouveaux protocoles de traitement plus efficaces et personnalisés. Des approches innovantes telles que les vaccins thérapeutiques, le ciblage d’anomalies moléculaires et la modulation du microbiote intestinal sont en cours d’investigations. » 

Quels sont les enjeux de la recherche sur le cancer du pancréas ?

Améliorer l’espérance de vie des patients passe avant tout par un diagnostic plus précoce. La recherche travaille activement au développement d’outils permettant de détecter la maladie à un stade où elle est encore opérable. Les efforts portent également sur de nouvelles approches thérapeutiques : thérapies ciblées visant certaines anomalies moléculaires (5), immunothérapie et optimisation des traitements existants.

La Fondation ARC a fait de la lutte contre le cancer du pancréas l’une de ses priorités stratégiques.

Brochure : Les cancers du pancréas
Brochure
Comprendre et agir
Brochure Cancers Pancreas Fondation Arc
Télécharger Brochure : Les cancers du pancréas (pdf - 721.7 Ko)

Références

Ce dossier a bénéficié du concours du Pr Vinciane Rebours, cheffe du service de pancréatologie et oncologie digestive, hôpital Beaujon, AP-HP, université Paris-Cité – INSERM UMR1149.

Sources :

(1) Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE). « Thésaurus de cancérologie digestive Cancer du pancréas. www.snfge.org

(2) Santé Publique France. « Cancer du pancréas — incidence et mortalité ». www.santepubliquefrance.fr

(3) Haute Autorité de Santé. « Guide ALD – Cancer du pancréas ». www.has-sante.fr

(4) Institut national du cancer (INCa). « Étude MAZEPPA chez les patients ayant un adénocarcinome canalaire du pancréas métastatique ». Consulté sur https://www.cancer.fr/

(5) Centre Gustave Roussy. Essais cliniques sur les cancers digestifs. Consulté sur https://www.gustaveroussy.fr/

Questions fréquentes sur le cancer du pancréas

Le cancer du pancréas est-il toujours mortel ?

Le taux de survie du cancer du pancréas à 5 ans est de 11 % en moyenne. Une guérison est possible dans le cas d’un diagnostic précoce, lorsque la tumeur est opérable. La chirurgie, envisageable pour seulement 10 à 20 % des patients, est le seul traitement à visée curative, toujours associé à une chimiothérapie. Parmi les cancers digestifs, c’est l’un de ceux pour lesquels une intervention chirurgicale précoce joue un rôle déterminant dans le pronostic.

Quels sont les premiers signes d’un cancer du pancréas ?

Une fatigue inhabituelle, une perte de poids, des douleurs abdominales ou une jaunisse peuvent constituer les premiers signes de la maladie. Ces symptômes apparaissent cependant souvent tardivement, lorsque la tumeur s’est déjà développée, ce qui explique pourquoi ce type de cancer est, dans 80 à 90 % des cas, diagnostiqué à un stade avancé ou métastatique.

Le cancer du pancréas est-il héréditaire ?

Le plus souvent non, mais parmi les antécédents familiaux possibles certaines prédispositions génétiques peuvent augmenter le risque, notamment les mutations BRCA1/2, le syndrome de Lynch ou le syndrome de Peutz-Jeghers.

Peut-on dépister le cancer du pancréas ?

Il n’existe pas de dépistage du cancer du pancréas. En cas de prédisposition familiale, une consultation d’oncogénétique peut concerner des personnes à risque : elle visera à mieux cerner les antécédents familiaux et la probabilité de prédispositions génétiques héréditaires.

Pourquoi le cancer du pancréas est-il si difficile à soigner ?

Cette maladie se développe sans symptômes au début, ce qui explique le diagnostic tardif, très souvent à un stade déjà avancé de la maladie. Dans 80 à 90 % des cas, les cellules cancéreuses ont déjà atteint d’autres organes, comme le foie ou le péritoine, rendant l’opération curative impossible pour la grande majorité des patients.