Tout comprendre sur les myélomes multiples

Le myélome multiple est un cancer qui concerne chaque année près de 6 500 nouveaux patients en France. Peu connue, cette maladie de la moelle osseuse est due à l’accumulation anormale d’un type de globules blancs, les plasmocytes. On parle indifféremment de myélome multiple, de maladie de Kahler , de myélome des os ou simplement de myélome. Dans la plupart des cas, la maladie tend à devenir chronique avec la succession fréquente de plusieurs phases de rémissions et de rechutes.

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01 octobre 2023 Dernière mise à jour : 20-10-2026

Qu'est-ce qu'un myélome ?

Le myélome est une multiplication incontrôlée de plasmocytes qui envahissent la moelle osseuse. Les plasmocytes sont un type de globule blanc qui produit des anticorps aussi appelés immunoglobulines. Les plasmocytes malades stimulent les cellules en charge de la destruction normale de l’os, déréglant ainsi le processus de renouvellement osseux. Cela entraine une fragilisation des os accompagnée le plus souvent de douleurs ainsi que de signes cliniques divers. On parle de myélome multiple en raison de sa prolifération dans plusieurs parties du squelette (colonne vertébrale, sternum, os longs, bassin).

Il s’agit d’un cancer du sang rare mais dont l’incidence est en augmentation. Il représente environ 2 % de l’ensemble des cancers en France et 10 % des hémopathies malignes. Ce type de cancer impactant la moelle des os concerne principalement une population de personnes âgées (âge médian entre 70 et 75 ans) (1).

schéma de production de cellules souches : globules rouges et globules blancs dont lymphocytes B dont sont issus les plasmocytes

Les myélomes multiples en 5 chiffres clés

  • 20
    projets de recherche innovants financés de 2020 à 2024 (Source : Fondation ARC)
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  • 3,8 M€
    investis dans la recherche par la Fondation ARC (Source : Fondation ARC) de 2020 à 2024
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  • 6 487
    nouveaux cas diagnostiqués en 2023 (Source Santé publique France) (2)
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  • 20 %
    des myélomes sont asymptomatiques (Source IFM) (3)
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  • 60 %
    de taux de survie à 5 ans (80% pour les personnes de 50 ans et 42% pour celles de 80 ans) (Source Santé publique France) (4)
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Quelles sont les causes connues d’un myélome ?

Aujourd’hui, il est encore difficile de dire pourquoi certains plasmocytes deviennent anormaux et se mettent à s’accumuler de façon incontrôlée. Certains facteurs de risque du myélome multiple sont toutefois identifiés : l’âge, un antécédent de gammapathie monoclonale (GMSI ou MGUS) ou de myélome indolent, ainsi que certaines expositions environnementales (radiations ionisantes à fortes doses)). C’est un enjeu majeur de la recherche pour les années à venir.

Quels sont les symptômes d’un myélome ?

Le myélome multiple est à l’origine de différents symptômes selon le stade de son évolution. Dans 80 % des cas, les malades souffrent de douleurs osseuses ou de fractures. Dans 20 % des cas, il n’y a pas de signes révélateurs et seuls des résultats anormaux à l’issue d’une analyse de sang de routine peuvent alerter le médecin et l’inciter à prescrire d’autres examens pour préciser le diagnostic.

Il existe cependant différents signes révélateurs. Le médecin va en rechercher notamment quatre qui constituent les critères CRAB (C = calcium, R = rein, A = anémie et B = bone, « os » en anglais). Ceux-ci servent en partie à orienter la prise en charge qui consistera à débuter un traitement ou à mettre en place une surveillance active du patient.

Comment diagnostique-t-on les myélomes multiples ?

Plusieurs examens sont nécessaires pour diagnostiquer et préciser un myélome. Une électrophorèse des protéines sur un prélèvement sanguin ou d’urine, le dosage de la créatinine, un test des marqueurs pronostiques, un myélogramme ainsi que divers examens d’imagerie (Imagerie par résonance médicale ou IRM, PET-scanner) composent le bilan diagnostic.

Quels sont les traitements du myélome multiple ?

Le plus souvent, le traitement des symptômes constitue une urgence médicale : il est mis en œuvre au plus vite, avant de commencer le traitement du myélome. Selon l’âge et l’état de santé du patient, divers plans thérapeutiques peuvent être entrepris : l’immunothérapie, les thérapies ciblées, les chimiothérapies, l’autogreffe de cellules souches. Une fois la prise en charge initiée, les médecins continuent à rester en alerte quant à la prévention des complications du myélome.

Vivre avec et après un myélome multiple

Le myélome est une maladie cancéreuse complexe qui nécessite une prise en charge sur plusieurs années ; le patient est ainsi amené à vivre au quotidien avec la maladie : ses symptômes, ses conséquences sur son état physique, ainsi que les effets secondaires des traitements. La prise en charge comprend la gestion du risque d’infection, de la douleur l’impact psychologique ou la mise en place d’activités physiques et d’une alimentation équilibrée.

Quels sont les enjeux de la recherche sur le myélome multiple ?

La recherche sur le myélome multiple avance sur plusieurs fronts : mieux comprendre les formes indolentes de la maladie, optimiser les traitements existants, développer de nouvelles approches comme les cellules CAR-T ou l’immunothérapie et mieux traiter les atteintes rénales.

Le point sur les avancées de la recherche sur les myélomes multiples

Photo Hervé Avet Loiseau
Pr Hervé Avet-Loiseau, médecin retraité, l’Institut universitaire du cancer de Toulouse

« Depuis plus de dix ans, d’importants progrès ont permis de mieux comprendre la maladie, d’améliorer les traitements et la survie des patients atteints de myélomes. Toutefois, environ 10 à 15% des patients, dits à « haut risque », n’ont pas encore tiré bénéfice de ces avancées. Les efforts et espoirs de la recherche portent tout particulièrement sur le développement de nouvelles stratégies de traitement pour ces patients, que ce soit par l’optimisation des thérapies ciblées existantes, l’utilisation des technologies de cellules CAR-T (c’est-à-dire la réinjection au patient de ces propres cellules immunitaires génétiquement modifiées) ou encore la mise au point de nouveaux traitements d’immunothérapie. » 

Quelle est l’action de la Fondation ARC dans la recherche sur le myélome multiple ?

L’action de la Fondation ARC dans la recherche sur le myélome multiple consiste à soutenir des équipes de recherche qui travaillent afin de mieux comprendre comment se développe ce type de cancer, d’identifier des leviers à activer pour améliorer l’efficacité des thérapies existantes, ou pour mettre au point de nouvelles stratégies de traitement.

Brochure : Les myélomes multiples
Brochure
Comprendre et agir
Les Myelomes Multiples
Télécharger Brochure : Les myélomes multiples (pdf - 836 Ko)

Références

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Professeur Hervé Avet-Loiseau, médecin à l’Institut universitaire du cancer de Toulouse.

Sources :

(1) La revue du praticien – le myélome multiple. Consulté sur  https://www.larevuedupraticien.fr/article/myelome-multiple-0

(2) Santé publique France – Incidence des principaux cancers en France métropolitaine en 2023. Consulté sur https://www.santepubliquefrance.fr/

(3) Intergroupe francophone du myélome (IFM) – myélome multiple. Consulté sur  https://www.af3m.org/uploads/PDF/Guides/Idees-vraies-fausses-myelome-multiple.pdf

(4)  Santé publique France – Données 2021 « Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2018 ». Consulté sur https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/rdd/document/399700_spf00002904.pdf

(5) Société des réanimateurs de langue française (SRLF) – Syndrome d’hyperviscosité : mise au point pour les réanimateurs. Consulté sur https://www.srlf.org/wp-content/uploads/2019/01/1807-MIR-Vol27-N4-p317_323.pdf