Quels sont les symptômes d’un cancer de la thyroïde ?
Aux premiers stades, les cancers de la thyroïde entraînent la plupart du temps peu de manifestations cliniques. La maladie est souvent découverte lors d'un examen d'imagerie ou d'une simple consultation médicale. Lors de l'examen clinique, une palpation du cou repère un nodule (masse solide). Une série d'examens complémentaires est alors nécessaire pour établir un diagnostic de certitude.
01 juillet 2026 Dernière mise à jour : 05-08-2026
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Professeur Julien Hadoux, oncologue médical à Gustave Roussy (Villejuif).
Dernière relecture : juillet 2026
Les principaux symptômes du cancer de la thyroïde
La maladie se développe dans la glande thyroïde, qui régule des hormones essentielles au fonctionnement de nombreux organes. Lorsque les cancers de la thyroïde se manifestent, une masse solide peut être observée lors d’un examen clinique du cou ou lors d’examens d’imagerie pour une autre pathologie.
Le nodule thyroïdien est généralement indolore et non gênant. Dans 90 à 95 % des cas (1), les masses détectées sont bénignes et ne développent pas de cancer. Leur découverte n’est donc pas un signe systématique de maladie cancéreuse. Cependant, une masse qui grossit, durcit ou s’accompagne d’autres signes (plus rares) doit être évaluée rapidement.
Les signes de compression locale à surveiller
Dans de rares cas, certains patients peuvent développer ces manifestations cliniques de compression de la thyroïde :
- une dysphonie sous la forme d’un enrouement persistant ou d’une voix rauque. En général, il s’agit du symptôme manifeste d’une atteinte du nerf récurrent ou des cordes vocales ;
- des difficultés à avaler (dysphagie), dues à une pression de la masse sur l’œsophage ;
- des difficultés à respirer (dyspnée), dues à une pression de la masse sur la trachée ;
- des ganglions au niveau du cou palpables (dissémination locale) ;
- une douleur irradiant vers l’oreille (otalgie) ;
- l’apparition d’un goitre (volume important de la thyroïde).
Selon le type de cancer de la thyroïde
Certaines manifestations cliniques peuvent être spécifiques à un type de cancer de la thyroïde.
Formes fréquentes
Près de 90% des cancers de la thyroïde sont dit « différenciés » (2), ils sont issus d’une tumeur affectant les cellules folliculaires de la thyroïde. On en distingue deux formes principales :
- Dans 80 % des cas, il s’agit d’un carcinome papillaire, de forme arborescente au niveau microscopique. Il apparait à plusieurs endroits de la thyroïde et se développe lentement ;
- Dans 10 % des cas, il s’agit d’un carcinome folliculaire (vésiculaire). Il présente peu de signes spécifiques et se situe généralement sur une seule zone de la thyroïde. L’invasion vasculaire, observée à l’examen anatomopathologique après chirurgie, en est une caractéristique.
Formes rares
Dans moins de 2 % des diagnostics, le cancer de la thyroïde est de type folliculaire indifférencié ou anaplasique. D’évolution très rapide, il peut atteindre les ganglions lymphatiques et former des métastases pulmonaires, osseuses ou cérébrales (5).
Très rare, le cancer de la thyroïde médullaire se développe à partir des cellules C, qui sécrètent la calcitonine. Il est sporadique dans la majorité des cas, mais peut parfois être héréditaire (dans le cadre d’une néoplasie endocrinienne multiple).
Un cancer au pronostic favorable
Les cancers de la thyroïde sont globalement de bon pronostic. L’espérance de vie à 5 ans est de 97 % pour les femmes et de 93 % pour les hommes, tous âges confondus (3).
Le pronostic varie cependant fortement selon le stade et le type histologique : pour les tumeurs de moins de 4 cm limitées à la thyroïde, la survie globale atteint 99 % ; pour les formes les plus avancées (volumineuses ou métastatiques), elle reste de l’ordre de 65 à 70 % à 15 ans (4). Les formes papillaires conservent une survie supérieure à 90 % à 20 ans, et les formes folliculaires une survie de 80 % à 10 ans (4).
Le cancer anaplasique est en revanche extrêmement agressif, avec 50 % de métastases déjà présentes au diagnostic, compliquant la prise en charge (5).
Tout savoir sur le cancer de la thyroïde
Quand consulter un médecin ?
Vous devez consulter votre médecin traitant dès que vous ressentez une masse, une grosseur ou une gêne au niveau du cou, même en l’absence d’autres complications.
Toute altération de l’état général doit aussi amener à une consultation médicale de contrôle.
Questions fréquentes
1. Existe-t-il d’autres symptômes liés aux fonctions thyroïdiennes ?
Parfois, les signaux d’alerte peuvent être plus subtils, liés à une modification de la production hormonale par la thyroïde :
- une hyperthyroïdie qui se caractérise par des tremblements, une nervosité, des sueurs, une perte de poids ;
- une hypothyroïdie qui se caractérise par une fatigue, une prise de poids, une dépression.
Ces manifestations ne sont pas spécifiques au cancer, mais doivent alerter en présence d’une masse solide ou d’autres complications.
2. Un goitre est-il forcément synonyme de cancer ?
Non, une augmentation du volume de la glande thyroïdienne n’évolue pas de manière systématique vers un cancer de la thyroïde. Seuls 4 à 5 % des goitres plurinodulaires développent un cancer de la thyroïde, souvent de type folliculaire peu différencié (6).
Comment diagnostique-t-on un cancer de la thyroïde ?
Lors de la consultation, le médecin peut prescrire une échographie de la thyroïde(échographie cervicale) afin de caractériser le nodule (taille, consistance, aspect) et un bilan sanguin thyroïdien pour évaluer la fonction hormonale.
En fonction des résultats, une cytoponction (ponction à l’aiguille fine) peut être réalisée pour analyser le nodule. Cet examen est indispensable si le nodule est considéré à risque.
L’examen clinique
Le bilan diagnostique du cancer de la thyroïde débute toujours par un examen clinique complet. Le médecin procède à une palpation du cou à la recherche d’une masse sur la thyroïde ou tout autre signal d’alerte apparent. La visite se poursuit par un questionnaire médical sur les antécédents personnels et familiaux de maladies endocriniennes.
Après la découverte d’un élément solide suspect au cou, un bilan complet est nécessaire : il permet de déterminer la nature maligne (cancéreuse) ou bénigne (non cancéreuse) de l’anomalie thyroïdienne. Pour rappel, dans 90 à 95 % des cas, les masses détectées sont de nature bénigne, sous forme d’adénomes ou de kystes.
Le bilan thyroïdien
Lorsqu’un signe de suspicion apparaît, un bilan thyroïdien est demandé par le médecin pour confirmer le diagnostic. Il s’agit d’un ensemble d’analyses biologiques réalisées à partir d’une prise de sang.
Cette analyse ne permet pas de détecter si la masse est de nature maligne ou bénigne, mais donne une indication sur le bon fonctionnement de la thyroïde. Ainsi, certains marqueurs font l’objet d’une analyse tels que :
- le dosage de la TSH (thyréostimuline), principal régulateur des hormones thyroïdiennes (T3 et T4) ;
- la concentration des hormones thyroïdiennes (T3, T4) si des éléments cliniques d’hypothyroïdie ou d’hyperthyroïdie sont diagnostiqués ou une anomalie de la TSH ;
- le dosage de l’antigène carcino-embryonnaire (ACE), une protéine dont le taux sanguin est normalement très faible.
- le taux de calcitonine en cas de suspicion de cancer médullaire ;
- le taux de calcium dans le sang.
Des examens d’imagerie et une ponction sont prescrits en cas d’anomalie du bilan sanguin.
L’échographie cervicale et thyroïdienne
L’examen de la région du cou par échographie est pratiqué systématiquement. Indolore, l’échographie permet d’observer la structure des organes internes :
- les dimensions de la thyroïde ;
- le nombre et la taille des nodules, avec la présence éventuelle d’autres anomalies ;
- l’aspect de la zone ganglionnaire.
Les masses solides d’aspect anormal à l’échographie font l’objet d’une étude particulière car si des caractéristiques anormales se cumulent, elles signifient un risque plus élevé de cancer. Selon leur nature, elles font l’objet d’une analyse plus précise à partir d’une ponction (prélèvement d’un tissu).
La ponction (cytologique)
Le médecin peut poursuivre les investigations en proposant une ponction des tissus au sein des nodules selon les résultats de l’échographie (taille de plus d’un cm de grand axe ou ayant un aspect à risque avec des bords imprécis). En pratique, elle est réalisée en même temps que l’échographie, qui guide le geste du médecin, sans anesthésie (aiguille fine provoquant peu de douleur).
Par la suite, le prélèvement fait l’objet d’un examen anatomopathologique au microscope qui permet de caractériser le type de nodule : bénin, suspect ou malin. En cas d’impossibilité d’interprétation, le médecin propose une nouvelle ponction ou le retrait de l’élément suspect.
Lorsque la masse suspecte mesure moins d’un cm, une simple surveillance est souvent préconisée car le risque de cancer est faible. Une nouvelle échographie est alors programmée dans les 6 à 18 mois suivants afin de vérifier son évolution.
Les examens complémentaires
Des examens sont proposés à certains patients selon les caractéristiques des cancers de la thyroïde :
- une scintigraphie thyroïdienne peut être indiquée lorsque le bilan biologique montre un taux de TSH bas. Cet examen, qui vise à obtenir une cartographie de l’activité de la thyroïde grâce à un produit radioactif (iode 123), permet d’identifier un nodule hyperfonctionnel (hormones thyroïdiennes produites en excès) ;
- un scanner du cou (ou scanner cervical) ainsi qu’une IRM (imagerie par résonance magnétique) sont des examens d’imagerie prescrits en cas d’impossibilité d’identifier les lésions de la glande par une échographie.
Le bilan d’extension
Le bilan d’extension permet de savoir si le cancer de la thyroïde s’est disséminé dans des organes voisins (zone ganglionnaire) ou dans des organes distants. Pour cela, on peut réaliser plusieurs examens complémentaires :
- un examen ORL qui permet de vérifier l’état et la mobilité des cordes vocales, situées juste au-dessus de la thyroïde ;
- un scanner cervical ou une IRM peuvent être prescrits pour évaluer si le cancer de la thyroïde a pu s’étendre et atteindre les ganglions voisins ;
- le PET scan qui est prescrit pour le diagnostic de cancer de la thyroïde anaplasique. Cet examen d’imagerie, qui combine une scintigraphie et un marqueur faiblement radioactif, permet de visualiser l’activité métabolique des cellules de la thyroïde.
Questions fréquentes sur le cancer de la thyroïde
1. Quels sont les premiers signaux d’alerte du cancer de la thyroïde ?
Le cancer de la thyroïde est asymptomatique à un stade précoce. La majorité des patients ne ressentent aucun symptôme spécifique. C’est souvent la découverte fortuite d’une masse au niveau du cou, lors d’un examen médical ou d’une autopalpation, qui conduit à des investigations complémentaires.
La masse est généralement indolore et visible sous la peau, autour de la pomme d’Adam. Il peut aussi s’agir d’un gonflement localisé, parfois confondu avec un goitre bénin. Dans de rares cas, elle peut croître rapidement et devenir palpable.
2. Quelles autres complications peuvent inquiéter ?
Dans ses formes plus avancées, plusieurs symptômes du cancer de la thyroïde peuvent apparaître :
- une voix rauque, enrouée ou altérée, qui persiste pendant plusieurs semaines, peut témoigner d’une atteinte des cordes vocales.
- des difficultés à avaler (dysphagie) et des difficultés à respirer (dyspnée) si la masse cancéreuse exerce une pression sur la trachée ou l’œsophage.
- des douleurs locales au niveau du cou ou de la gorge avec des sensations de gêne persistante, ainsi qu’un gonflement d’un ganglion voisin, peuvent indiquer une dissémination du cancer de la thyroïde au niveau local.
3. Quels sont les signes d’une extension d’un cancer de la thyroïde à un stade avancé ?
En cas de cancer de la thyroïde plus agressif ou évolué, des signes plus marqués peuvent apparaître :
- un essoufflement important dû à la compression des voies respiratoires.
- des douleurs irradiant vers l’oreille (otalgie réflexe).
- une augmentation visible et douloureuse des ganglions cervicaux.
- une perte de poids inexpliquée ou une fatigue persistante.
4. Comment se développe un cancer de la thyroïde ?
Plusieurs facteurs de risque sont associés au cancer de la thyroïde, notamment une exposition à la radiothérapie durant l’enfance ou certaines prédispositions génétiques familiales. Pour en savoir plus, consultez notre page sur les facteurs de risque du cancer de la thyroïde.
Références
Sources :
(1) Ameli « Le cancer de la thyroïde : diagnostic et symptômes ». Consulté sur : https://www.ameli.fr/
(2) InfoCancer « Les formes de cancer de la thyroïde ». Consulté sur https://www.arcagy.org/
(3) Institut national du cancer « L’essentiel sur le cancer de la thyroïde ». Consulté sur https://www.cancer.fr/
(4) InfoCancer « Pronostic ». Consulté sur : https://www.arcagy.org/
(5) Société française d’endocrinologie « Cancers anaplasiques de la thyroïde : 2% des cancers, 100% d’urgence ». Consulté sur : https://www.sfendocrino.org/
(6) Société française d’endocrinologie « Cancers thyroïdiens ». Consulté sur : https://www.sfendocrino.org/
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